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L'affaire de la pollution du Rhône par les PCB prend de l'ampleur

Mise à jour le 15/11/2007
Par Caroline Prevot
Le figaroMARIELLE COURT avec FRÉDÉRIC POIGNARD (à Lyon). Publié le 20 septembre 2007 Actualisé le 20 septembre 2007 : 07h34

Les associations ne veulent pas relâcher la pression sur les pouvoirs publics.
LA CONTAMINATION du Rhône par les PCB (1) est-elle la partie immergée d'une immense pollution ? Les associations environnementales comme la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature), qui suit ce dossier depuis plus de vingt ans mais également le WWF, en sont convaincues. « Un Tchernobyl à la française » n'hésite pas à proclamer l'association au panda. « Plus on cherche plus on trouve », renchérit Alain Chabrolle, spécialiste de ce dossier à la Frapna.


C'est dans les sédiments du Rhône et dans la chair des poissons autour de Lyon, que la présence du PCB a tout d'abord été détectée, ce qui laisse supposer que la pollution est ancienne. Plus tard on s'est rendu compte que tout le fleuve était contaminé, de la capitale rhodanienne jusqu'à la Camargue.
« L'OMS a fixé à 8 picogrammes par gramme la concentration admissible en PCB dans les poissons destinés à la consommation. En 2007, les résultats des prélèvements réalisés sur six espèces de poissons montrent une contamination allant jusqu'à 59 pg/g », souligne un rapport du Cemagref (institut public de recherche).
Aujourd'hui, plus aucun poisson pêché dans le Rhône ne peut être commercialisé. La préfecture de région devrait annoncer un plan de recherche afin d'affiner la cartographie de la pollution. La Drire (Direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement) aurait dans ce cadre la mission d'effectuer de nouveaux carotages sur les sédiments et « le préfet est d'accord pour que l'on prolonge les analyses dans l'Isère, la Saône et la Durance » explique-t-on à la préfecture. Des décisions qui arrivent bien tard. « Les premières alertes remontent à 1986 », rappelle Alain Chabrolle mais à l'époque, toutes les plaintes contre X déposées par la Frapna et des pêcheurs sont restées sans suite. L'entreprise Tradi Séché, basée à Saint-Vulbas (Ain), soupçonnée d'être à l'origine de la pollution appartenait à l'État jusqu'en 2002. Ceci aurait expliqué cela, estiment les associations.
« Quid des impacts sur la santé »

« Pendant longtemps, les autorités, juge et partie, ont feint d'ignorer la situation. Aujourd'hui, l'État joue les pompiers mais cela risque de coûter une fortune s'il veut tenter de dépolluer », s'insurge Alain Chabrolle qui redoute par ailleurs que la pollution ait gagné la mer et affecte dès lors, la pêche côtière. « Quid des impacts sur la santé des personnes qui des années durant ont mangé des poissons pêchés dans le Rhône », demande de son côté le WWF qui réclame des études épidémiologiques. Les PCB dont la vente est interdite depuis 1987 entraînent « des problèmes de fertilité, de croissance et une dégradation du système immunitaire », rappelle l'association.
Au côté des pêcheurs et des associations, les villes dont la communauté urbaine de Lyon (55 communes), et Arles ont à leur tour porté plainte. Les associations demandent également que des investigations soient menées dans d'autres grands cours d'eau telle que la Seine ou la Loire. Le dossier PCB n'est pas prêt d'être refermé.


(1) Polychlorobiphényles, plus connus sous le nom de pyralène.

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