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Le Mont St Helens

Mise à jour le 14/01/2014
Par Nathalie Pajon-Perrault
Le 18 mai 1980 a lieu la dernière éruption cataclysmique du Mont St Helens... Un exemple de volcan de zone de subduction.

Le volcanisme du Mont St. Helens (et des autres volcans de la chaîne des Cascades) est lié à la subduction de la plaque Juan de Fuca au large de la côte occidentale de l'Amérique du Nord.

Le Mont St. Helens s'est formé au cours de 4 grandes périodes éruptives, commencées il y a environ 275.000 ans. Il a été le volcan le plus actif de la chaîne des Cascades au cours de l'Holocène.

La majeure partie de l'édifice moderne a été construit au cours des 3000 dernières années.

 

La dernière éruption importante, avant 1980, s'est produite en 1857. Des explosions mineures ont été signalées en 1898, 1903 et 1921 : elles ont donné lieu à des émissions importantes de gaz mais le magma n'est pas arrivé en surface.

 

contexte

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 Depuis le mois de mars 1980, de petits séismes précurseurs étaient régulièrement enregistrés. Le 27 mars, on observe quelques explosions de vapeur au somment et le début du gonflement du flanc nord du volcan. Cette "boursouflure" ne  cessera de croître à un rythme d'environ 1,50 m par jour, dûe à la pression du magma ascendant sous-jacent. Ce crypto-dôme va atteindre 150 m de haut. Au cours du mois d'avril, la population est évacuée.

 

1. Le 18 mai 1980  :  une éruption cataclysmique

Le 18 mai 1980, à 8h32, un séisme plus violent que les précédents (magnitude 5) ébranle le volcan. La "boursouflure" est décapitée et dévale le flanc nord du volcan. Ceci déclenche une avalanche de 3 km3 de produits.

La pression du magma sous-jacent, jusqu'alors contenue, est alors libérée. Ceci déclenche une énorme explosion verticale : un panache de cendres s'élève à 25 km d'altitude. Le panache s'étale et recouvre une surface importante (50 km d'un côté et 25 de l'autre). L'étalement est du au contact avec la tropopause (inversion de température à la limite entre troposphère et stratosphère).

Parallèlement, un souffle horizontal dévale le flanc nord à une vitesse de 300 km/h et une température de 400-500°C. Ce souffle a tout dévasté en moins de 2 minutes jusqu'à 30 km au nord du volcan.

eruption1

 

 

 

- La chronologie de l'éruption en images -

panache1

 

                        Tropopause

coupe volcan-

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On observe donc que le panache s'est déplacé (en fonction de la direction des vents dominants) d'environ 1.000 km en 10h, soit à une vitesse moyenne de 100km/h.

nuage progression

Les roches et les gaz chauds s'écoulant rapidement ont fait fondre la neige et la glace présentes sur les flancs du volcan. Des torrents de débris de roches meubles ont donc formé des lahars, arrachant les arbres, détruisant les routes et les ponts.

lahar

voiture 

 

 Parmi les produits émis, les coulées pyroclastiques caractérisent cette éruption. Elles sont composées d'un aérosol dense de gaz surchauffés et de particules de tailles variables (cendres, pierres ponces et de roches pulvérisées). Les éléments solides proviennent à la fois de la lave émise par le volcan mais aussi de parties plus anciennes de l'édifice, arrachées lors de l'explosion. Lorsque la coulée pyroclastiques perd de la vitesse, la partie solide se dépose, recouvrant le paysage sous une couche épaisse de matériaux (andésites, dacite ponces...).

 

produits

 

2. Et après...

 

A l'issue de l'éruption de 1980, le sommet du Mt St Helens est "décapité" : de 3.000 m d'altitude, il a perdu 300 m.

 

A partir d'octobre 1980 et jusqu'en 1986, des éruptions épisodiques mineures sont décrites, parfois accompagnées de lahars.

Entre Août 1989 et Octobre 1991, au moins 6 petites explosions, avec émission de cendres, ont été observées. Plusieurs de ces explosions ont été accompagnées d'avalanches de neige, de coulées pyroclastiques et de coulées de débris.

 

En Octobre 2004, près de 18 ans plus tard, le mont St. Helens a connu une reprise significative de son activité : des émissions plus importantes de cendres et de vapeur. Un dôme de lave (dacite) se met de nouveau en place au centre du cratère.

Depuis, l'activité est minime, mais le St Helens est maintenu sous haute surveillance, notamment par un maillage de sismomètres et de stations GPS.

       4 ans

2004

 Sources :

  • Le site de l'USGS : historique, surveillance, galerie de photos, vidéos
  • Surveillance GPS du Mont St. Helens

 

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