Article "Les Echos"

Mise à jour le 29/02/2008
Par Nathalie Pajon-Perrault
Le 15 décembre 2007, le journal économique "Les Echos" publie un article intitulé "La ruée vers le dessalement de l'eau de mer". En voici un résumé.

 

"Face à la pénurie, les grandes villes australiennes investissent dans cette technologie onéreuse et très consommatrice d'énergie. Pourtant, d'autres solutions existent..."

 


  Depuis une quinzaine d'année, l'Australie connaît une croissance économique assez importante et investit beaucoup pour faire face à la raréfaction de l'eau (projets de pipe-line, amélioration des réseaux d'irrigation agricole...). "Mais c'est surtout en faisant appel à une technologie coûteuse que le pays espère résoudre son problème. depuis que la ville de Perth, dans l'ouest du pays, a lancé le mouvement, toutes les grandes agglomérations font construire des usines de dessalement d'eau de mer".

Un tiers de la consommation

"Le cas de Perth est le plus frappant : située dans la plus grande région minière du pays, la ville connaît une croissance sans précédent, et elle a pu se payer, pour la bagatelle de 300 millions de dollars australiens (170 millions d'euros), une usine qui produit 150 millions de litres par jour, soit 17 % de l'eau consommée. Et la ville a d'ores et déjà lancé un deuxième appel d'offres pour construire une usine à la capacité deux fois plus importante. (....) Pour Marc SIMON, le directeur de Degrémont en Australie, la filiale du groupe Suez qui a supervisé les travaux de la première usine de dessalement de Perth, il y a "quelque chose d'étrange" dans cette fièvre du dessalement qui a saisi toute l'Australie et qui lui fait prédire que d'ici à 2015, "un tiers de l'eau consommée dans les grandes villes sera obtenue par ce moyen". Outre qu'on choisit la solution de facilité en agissant sur l'offre d'eau, plutôt que de limiter la demande par une nécessaire hausse de sprix, cette technologies nécessite d'immenses quantités d'énergie : "Imaginez qu'il faut propulser l'eau avec une pression équivalente à un jet d'eau qui atteindrait la hauteur de 2,5 tours Eiffel !". Heureusement, l'Etat du Western Australia, en faisant construire l'usine de Perth, a fixé une sorte de règle implicite que s'efforcent de suivre presque tous les autres sites : l'électricité consommée par une usine de dessalement doit provenir d'énergie renouvelable. Concrètement, cela signifie que les états s'engagent à ajouter à leur réseau de production d'électricité une ferme éolienne ou solaire d'une capacité équivalente à la consommation de leurs usines de dessalement. Seule le ville de Brisbane, qui regorge de charbon, s'est affranchie de cette contrainte. Pour Marc SIMON, Brisbane touche "au summum de l'absurdité" puisqu'on y répond à une conséquence du réchauffement en utilisant une source d'énergie qui ne fait que l'accélérer."

 

Trop peu de recyclage

   "L'Australie pourrait-elle avoir recours à des technologies moins chères et moins "énergivores" ? "Pour le prix de l'usine de dessalement de Sydney, on aurait pu équiper tous les foyers de la ville de réservoirs de récupération des eaux de pluie", rétorque Matthew ENGLAND, codirecteur du centre de recherche sur le changement climatique de l'université du New South Wales (UNSW). Surtout, "on pourrait commencer par recycler l'eau !" renchérit Dave GRIGGS, le directeur de l'Institut pour le développement durable de l'université de Monash. Contrairement à ce qui se fait dans la plupart des pays d'Europe, et notamment en France, l'eau n'est que très peu recyclée, à hauteur de seulement 2 % par exemple dans l'agglomération de Sydney. Une question de mentalités (....) "La plupart des gens n'arrivent pas à se faire à l'idée de boire une eau qui a déjà été bue auparavant !" explique Philippe STAINDL, ancien politicien reconverti au lobbying dans le secteur du développement durable.

G.G

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